vendredi 10 mai 2013

ARRESTATIONS AU TCHAD, AU COEUR DU DEBAT, LE JUGEMENT DE H.H

(Photo, site présidence Tchad)
Certains observateurs de la vie politique tchadienne croient savoir que les arrestations en cours au Tchad s'expliqueraient par le procès Habré à Dakar. Parmi les personnes arrêtées ou qu'on tente d'arrêter, figurent celles qui vont témoigner à charge et à décharge dans le procès Hissein Habré, ce dictateur qui a dirigé le pays par une main de fer de 1982 à 1990. Même si son tombeur, Idriss Déby a bien fait de le débarrasser du Tchad un 1er décembre 1990, il va s'en dire que IDI (Idriss Déby Itno), comme on l'appelle affectueusement n'avait pas eu les mains propres, lui qui avait pendant longtemps collaboré avec le dictateur Habré, étant à un moment donné son chef d’État major. L'histoire est têtue, mais c'est l'histoire et on ne peut pas la refaire. On accuserait même M. Déby d'avoir été le chef d'orchestre du massacre des cadres sudistes dans la partie méridionale du pays en 1984, événement baptisé ''septembre noir''. Alors, pourquoi Déby panique-t-il?
Il est aujourd'hui le président en exercice au Tchad, le président de tous les tchadiens. Personne ne conteste sa légitimité. Qu'il garde son calme et collabore avec la cour pour aider au jugement de Hissein Habré. Et s'il arrive qu'il soit appelé à témoigner dans l'affaire Habré, qu'il le fasse de manière sereine. Pendant ces périodes troubles au Tchad, personne ne peut dire qu'il avait les mains propres, du moins tous ceux qui détenaient un pan de pouvoir quelque part en faisaient à leur tête avec ou sans la bénédiction du maître Habré. Si pendant le procès de HH, la complicité ou la responsabilité de IDI est engagée, qu'il le reconnaisse, fasse son mea culpa et demande pardon aux Tchadiens, il sera pardonné, car vu le contexte à l'époque, et la cruauté de HH, Déby n'avait pas d'autre choix que de collaborer avec lui, jusqu'à ce que lui vienne la volonté de sauter HH pour faire respirer les tchadiens. Dans toute cette histoire, le pardon est nécessaire, on le fera, certainement pas en copiant le modèle sud africain de la ''Commission Vérité et réconciliation'', mais à notre manière, selon le modèle tchadien qui reste à inventer. C'est à ce prix, le calme et la sérénité dans le camp Déby, que la cour africaine ou sénégalaise de Dakar réussira à démontrer la cruauté et la culpabilité du régime Habré aux yeux du monde, pas en faisant des montages de toutes sortes pour mettre derrière les barreaux tous ceux qui devaient témoigner à charge ou à décharge dans l'affaire Habré. Qu'il me soit permis, alors, de demander, respectueusement la libération de toutes les personnes arrêtées, qu'il soit mis fin aux arrestations imagées et également  fin à la cabale contre la presse tchadienne. Nous avons tous été, autant que nous sommes, victimes de la cruauté des 8 ans du régime Habré, et nous avons besoin de la vérité pour savoir certaines. Cette vérité, si elle en existe, sera connue grâce aux journalistes, car, ce sont eux, qui vont la relayer. Sinon, sinon, les arrestations actuelles profitent au dictateur Habré qui attend tranquillement son jugement à Dakar et va penser que la peur est plutôt dans le camp Déby. François Djékombé.